• Politique et militaire une entente peu cordiale

    Je vous ai souvent parlé du général  Vincent DESPORTES, ex-directeur. de l'Ecole de  Guerre, professeur associé à Science Po. Ayant toujours partagé ses points de vue et regrettant qu'il ne sévisse plus dans l'active qui aurait besoin de ses lumières, je vais vous citer un autre de  ses  articles   musclés   comme   d'habitude.((Doit-on s'étonner que les relations soient souvent tendues aujourd'hui au plus haut niveau, entre hauts responsables politiques et grands chefs militaires? Sûrement pas: il est dans leur nature même d'être délicates. Les logiques et les horizons des deux ordres sont en effet différents.))

    ((La guerre, pour sa part, objet complexe doté d'une vie propre dès lors qu'on lui donne vie, se plie mal   tant  aux tentatives de  volontés politiques qu'aux tentatives de maîtrise militaire. Le politique croit pouvoir user aisément de cet outil légitime et le diriger à sa guise quand le militaire sait qu'il pourra au mieux chercher à en orienter le cours et à le guider vers une sortie forcément imparfaite. A condition encore qu'il dispose de la liberté d'action suffisante. Où s'arrête la légitimité de l'autonomie militaire? Où s'arrête celle du contrôle politique?  Autant d'interrogations récurrentes dès lors qu'est prise la décision politique de recours à la guerre.))

    ( Platon disait que le pire système de gouvernance était la POLITIQUE d'OPINION. Or dans nos démocraties occidentales elles ne sont pas rares. Dans ce cas,  la première difficulté provient de divergences naturelles. dans la définition des objectifs.: ils ne correspondent pas aux mêmes critères. Les responsables politiques cherchent à préserver leur capacité de manœuvre vis à vis de l'OPINION PUBLIQUE et de l'adversaire: ils préfèrent des finalités ambiguës permettant la fluctuation des critères de de succès. Les chefs militaires, à l'inverse, privilégient des objectifs clairs et concrets, indispensables à la planification comme à la conduite des opérations. Divergences ensuite dans les voies et moyens. La logique militaire pousse les opérationnels à utiliser tous les moyens à leur disposition, à rechercher le meilleur parti des avantages comparatifs conférés par leurs systèmes d'armes tandis que, pour des raisons étrangères à toute stratégie militaire, les responsables politiques peuvent restreindre la panoplie utilisable.))

    ((La nature de la guerre en fait l'otage de considérations politiques s'opposant souvent aux pures règles de l'efficacité mais ces contraintes et restrictions, pour légitimes qu'elles soient, s'opposent fréquemment aux logiques techniques des hiérarchies militaires))

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