• MADEMBA SY UN HEROS nous a quittés

    Un grand Français et un officier sénégalais trop grand pour son petit président ,Léopold Sédar Senghor. C'était mon ancien de la 6° Promotion de Coétquidan, c'était devenu mon frère, un homme exceptionnel, plein d'humour, un animateur au moral inoxydable. Je l'avais connu à la fin de la guerre en Indochine où après s'être battu comme un lion  et blessé dans le delta du Tonkin, il fut nommé officier d'ordonnance du général commandant les MUONGS C'est au cours d'une histoire de fous, au sens propre, que nous nous sommes rencontrés, avec son général venu enquêter; notre chef de bataillon ayant pété les plombs. Or ce commandant issu du rang avait été un héros des troupes de marine, un gars exceptionnel, le commandant LE THUR, dont je parle dans mon livre, "la Saga d'une génération sacrifiée". Ayant été le seul officier à défendre mon commandant, Claude MADEMBA SY ET MOI ETIONS DEVENUS AMIS;  par la suite, ayant été rapatriés tous les deux sur des bateaux différents, nous nous étions perdus de vue.

    Il était aux paras coloniaux (troupes de marine) et moi après quelques ennuis expédié en Algérie où à la suite de circonstances bizarres affecté aux missions spéciales. Claude fut affecté en Algérie également dans un glorieux bataillon para dont il devint le patron et qui s'empara du célèbre fellagha Haït Hamouda AMIROUCH qui lui valut d'autres honneurs dont il ne manquait d'ailleurs pas. Mais son histoire mériterait un livre tant elle est brillante. Il avait reçu 8 citations à sa croix de guerre, dont 3 à l'ordre de l'Armée !

    En effet , Claude était le fils du premier commandant noir des tirailleurs sénégalais de la première guerre mondiale, lui même fils et petit fils d'une famille de la noblesse du fleuve au Mali, tous grands chefs de guerre. Il s'évada de France pour passer en Espagne en novembre 1942 .Après des études secondaires excellentes, au gré des affectations de son père retraité , il atterrit à Tunis où la seconde guerre mondiale le surprit. Lors du débarquement allié en Afrique du Nord, il s'engagea à la célèbre 2° DB du général LE CLERC, en 1943, débarquant en Normandie en 1944 comme chef du  char PANTAGRUEL.., participant à la prise de Paris, puis terminant la guerre en 1945 par la prise du nid d'aigle d'HITLER à BERCHTENGADEN. Puis préparant l'école des officiers de Coêtquidan, car  il était sous-lieutenant issu du rang, il fut reçu à la 6° Promotion , "la victoire".

    A la sortie de l'école il choisit les parachutistes des troupes de Marine ( paras Colo) où il fut de suite célèbre grâce à ses facéties et son humour ravageur. Au préalable , il s'était marié avec une femme normande adorable dont il eut trois enfants (si je ne m'abuse);Nos devions nous revoir en 1960 au Sénégal où j'avais été muté pour créer l'Armée sénégalaise à la demande du président au général De Gaulle. À cette époque il venait de quitter le commandement de son bataillon para. J'intriguais  après du premier ministre Mamadou Dia et Senghor , bien que ce dernier ne soit pas particulièrement favorable aux officiers noirs TROP INSTRUITS...De plus,  Mademba était populaire dans l'armée française ainsi que parmi les Sénégalais, circonstance aggravante...

    Il fut nommé colonel et se présenta à Senghor "le petit " et intellectuel à la mode (l'inventeur de la négritude...) A l'époque, parmi mes fonctions figurait la recherche des meilleurs gradés sénégalais servant dans l'armée française, dont tous ne désiraient pas d'ailleurs changer de nationalité et surtout d'armée. Je n'eus pas que des succès... j'en parle dans mon bouquin. Si ce fut un échec pour le Sénégal , ce fut une chance pour ceux qui demeurèrent dans l'armée française quant à leur traitement , salaire , et avantages, etc...

    Dans ma naïveté je pensais que Claude ferait le meilleur GENERAL AFRICAIN du Continent. En effet , lors des événements tragiques du Congo, il fut commandant du bataillon para sénégalais (une belle unité) expédié par l'ONU dans une mission qui réclamait des qualités militaires mais également diplomatiques où il excella. Lors de son retour, le test fut si élogieux que Senghor prit peur, suspectant ce brillant officier supérieur de devenir une sorte de NASSER noir... Donc il déclara qu'il ne voulait en aucun cas il fasse carrière dans une armée qui le portait aux nues. Le nommant ambassadeur, ce dont il se battit les flancs au début, puis finit par remplir impeccablement  son emploi dans ses nouvelles fonctions, non sans avoir conservé la nostalgie de l'Armée. Il finit sa carrière comme ambassadeur à l'ONU, mais se replia dans le sud ouest de la France  dans le petit village du sud-ouest, BRIATEXTE, car son cœur était demeuré Français.

    En 1983, lors de mon pèlerinage au Sénégal, je le retrouvais toujours aussi dynamique et frondeur;(( j'espère que tu n'es pas revenu pour coopérer avec ces clowns me demanda-t-il en riant?)) Je lui avouais que c'était par romantisme , car le Sénégal était mon pays. Sacré Claude, toujours franc du collier. Comme lui, je protestais déjà depuis longtemps concernant l'injustice faite par les gouvernements français aux anciens combattants africains après la guerre, qui ne touchait que 110 francs par an, une HONTE. Je lui demandais étant donné sa position sociale,  de se battre contre cette injustice, car toutes mes démarches étaient DEMEUREES SANS AUCUNE REPONSE. je ne faisais pas le poids et je ne tardais pas à démissionner en 1966. Finalement , en Janvier 2011, Claude réussit à DECRISTALLISER complètement les pensions civiles et militaires des anciens combattants africains, qui furent enfin alignées sur nos pensions métropolitaines... Déjà lamentables, car c'était de l'ordre de "400 Euros par an"; Vive la république!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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