• La justice? Quelle justice?

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    Comme vous le savez, j'ai passé plus de trente ans en Polynésie française; un pays qui était un paradis quand j'y ai débarqué pour organiser les IV° Jeux du Pacifique. En moins de dix ans, les Polynésiens ont subitement connu la valeur de l'argent car jusque là ils se faisaient alertement plumer par ce qu'on appelle 'DES HOMMES DE LOI français", dont certains sont même devenus milliardaires, osant fêter cet événement publiquement! je n'insiste pas car c'est un lieu commun.

    En arrivant au paradis, comme j'avais divers diplômes civils qui auraient pu être utilisés, comme par exemple, expertise maritime, architecture navale, je me présentai au tribunal pour un conseil. La président me dit CATEGORIQUEMENT qu'avec ma réputation , je pouvais provoquer des réactions peu souhaitables, car les experts locaux, connus pour être des malfrats en expertise, ne manqueraient pas de me vouloir du mal. Comme je n'avais pas besoin de ça pour vivre, je n'insistais pas. Mais quand je sus comment ils opéraient IMPUNEMENT, j'en étais ébahi...Je n'entrerai pas dans le détail, mais je n'en pense pas moins, car ces EXPERTS étaient soumis aux lois, alors?

    En matière d'architecture navale, je dessinai le bateau-école du territoire baptisé AVEIA, destiné à former des skippers   et  des  capitaines de  chalutiers ( Je n'ai formé en VINGT ans que des Européens, car aucun  Polynésien  ne  vint   jamais s'inscrire  aux  cours  de  navigation; ça ne les intéressait pas)), puis je dessinai et fabriquai un grand ",catamaran, capable de transporter environ cent personnes baptisé "BIBLIONAVE", un engin de plus vingt mètres , catamaran à moteur pour prêter des livres aux habitants des atoll et de certaines îles isolées et également leur projeter des films. Initialement  considérée comme géniale et indispensable à l'éducation des habitants et surtout d'une jeunesse ravitaillée par des corbeaux, naïf comme souvent, j'en attendais beaucoup vu l'enthousiasme des  jeunes et l'appui du directeur de la jeunesse et des sports. C'était croire au père Noël, car dès mon départ, le capitaine désigné pour s'occuper de cette charge, soit qu'il ne fut pas aidé, soit que comme toujours à Tahiti, ça finisse par ne plus l'intéresser, le bateau ne fut ni entretenu et ses moteurs abandonnés sans soin. je ne parle pas de la mission et du désintérêt général qui s'ensuivit...

    Ne connaissant pas la réputation du sieur Brossius, mais qui vivait dans une vaste propriété avec troupeau de vaches et une femme que le travail ne rebutait pas, j'acceptai d' entrer en contact avec lui. Quand il m'annonça la couleur, je lui dis qu'il fallait d'abord connaître les règles draconiennes de sécurité françaises  dès qu'il s'agissait de transfert de   passagers. Et  nous  voilà  partis  à  Tahiti  pour réclamer les documents officiels et  les  explications  techniques  recommandés chez  l'Inspecteur maritime. Ensuite, j'estimai plus prudent de prendre barre avec

    le   spécialiste  officiel  de  la  sécurité   du territoire ( qui  me  fit  une  curieuse impression)mais comme il avait le monopole en la matière , je n'avais pas le choix)En  Polynésie j'avais appris à me méfier à tous propos. Mon client me fit bosser pour lui pendant UN AN; passant d'une idée à l'autre sur caprice, ce que j'eus le tort d'accepter. Jusqu'au moment où je le mis en demeure de choisir ou bien je le laissais tomber. Nous voici  donc devant une coque de près de 15 mètres, sans lest ni balancier. Voulant la rendre insubmersible, je la dotai de compartiments étanches, puis calculai la puissance du gros moteur hors-bord, de son hélice, etc.

    Au moment de passer à la construction du balancier, je le prévenais que je tenais à ce qu'il soit en lamellé-collé dans le bois le plus imputrescible et robuste. Puis comme son comportement devenait bizarre, car je suivais la construction de la pirogue en visitant le chantier tous deux jours, je découvris avec inquiétude que le bougre, pour faire des économies me fabriquait un grand balancier en plastiquesans structure interne, qui casserait dès sa mise à l'eau, provoquant le chavirage  avec    ses  conséquences. Et  comme  il  s'entêtait, je  le  prévins  que  j'allais immédiatement en informer l'Inspection Maritime et la sécurité.

    A  suivre

     

     

     

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