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    DEFENSE :   LES   EFFORTS  DE  L’EUROPE

     

     

     

    Bien que les militaires demeurent sceptiques, en général, sur la progression de l’organisation de la défense européenne, les Français et les Allemands ont fait et continuent de tenter d’organiser des Etat-major capables  de mener des OPEX ou des mesures défensives du continent européen. De leur coté, les Britanniques, plus touchés par la crise, mais jaloux de leur souveraineté, persistent à ne considérer comme valable que l’organisation de l’OTAN, refusant de s’associer à ce qu’ils considèrent comme un cumul  préjudiciable à la transparence… D’autant que les conceptions françaises diffèrent des allemandes beaucoup plus cohérentes et surtout PERMANENTES. Dans une interview accordée à une journaliste spécialisée, le lieutenant général Markus BENTLER (général de Corps d’Armée) de la Bundeswerh, commandant de l’Etat-major de conduite des opérations d’ULM, à proximité de Stuttgart, a exposé les raisons de cette installation voulue PERMANENTE, à juste titre, par les Allemands. Contrairement à l’organisation française, non permanente. « Permettant ainsi au commandement de commencer la planification et, dans une mesure restreinte, la conduite d’opération de l’UE ou de l’OTAN dans de plus brefs délais, sans être obligés d’investir du temps dans le recrutement de personnel externe.  » Disposant à proximité d’un bataillon de soutien de 350 hommes, composé de CINQ compagnies spécialisées s’occupant de l’installation et du fonctionnement du PC PROJETABLE ainsi que de sa LOGISTIQUE. «  C’est une FORCE », assurent les officiers français intégrés… Car en France, pas d’unité de logistique, de Génie ou de Transmissions spécifiques ; il faut créer un détachement prélevé sur un ou plusieurs régiments à chaque fois. La France est organisée tout autrement, pas de OHQ ni de FHQ permanent, mais simplement à la demande… Un Centre de Planification et de Conduite des Opérations, situé dans le sous-sol de l’Etat-major de l’Armée au Mont Valérien, pour la Conduite proprement dite, où un seul colonel fait figure de « NOYAU DUR » du futur OHQ. Quant au FHQ français, quand il est activé, il est constitué par du personnel de l’EMIA-FE : Etat-major Interarmées de FORCE D’ENTRAINEMENT. Hors opérations, cet EM travaille au profit de la France. (Le processus « génération de Force est celui qui permet à l’UE de réunir les forces nécessaires auprès des Etats membres pour une opération militaire extérieure. Opération délicate qui soulève généralement de nombreuses RESERVES de la part des Etats Membres pour toute opération extérieure.  (Offres non significatives ou limitations imposées par les nations participantes) (EXEMPLE : lors de l’opération « EUFOR Tchad/RCA », il a fallu 4 CONFERENCES DE  GENERATION DE FORCES AVANT D’ÊTRE EFFECTIVE !) Difficile d’y voir clair… Quant aux Polonais membres, ils ont tendance, craignant de demeurer isolés sur le front de l’Est à se tourner vers les Etats Unis qui lui présentent des garanties plus sûres… (SHAPE) près de MONS en Belgique, placé sous l’autorité directe du commandant suprême des Forces Alliées en Europe (SACEUR). Deux logiques s’affrontent. C’est pourquoi l’Allemagne travaille à faire reconnaître  et certifier son EM permanent par l’OTAN alors que la tendance serait plutôt à fermer les Etat-major…Pour clarifier cette situation «  babélienne » le prochain sommet de l’OTAN est prévu les 20 et 21 mai prochain à CHICAGO.

     

    Le général Markus BENTLER, serein et droit dans ses bottes, maintient son point de vue logique : « la complexité nécessite la PERMANENCE » Il affirme : «  en tant qu’Etat-major INTERARMEES MULTINATIONAL, en mesure de se déployer RAPIDEMENT, le commandement d’ULM peut s’accorder à toutes les options de l’OTAN et de l’UE. Nous avons déjà une liste de projets potentiels, de nombreuses nations intéressées ainsi que des Etats membres qui ont endossé la responsabilité de les mener à bien. » « Seuls des Etat-major PERMANENTS et bien ENTRAINES peuvent constituer une réponse aux défis actuels » Mais le général reconnaît que l’OTAN a remarquablement démontré sa performance et la compétence de forces interarmées lors de l’opération en Libye. « Nous avons même été impressionnés ajoute t’il par l’extrême précision avec laquelle les frappes ont été menées afin de protéger au maximum la population  civile libyenne dans toute l’étendue de ce pays. » A ce propos, pour citer les  résultats de l’ALAT française ayant participé  au succès d’ « HARMATTAN », volontairement restée DISCRETE, elle a détruit plus de 600 CIBLES, soit 45 % du total des pertes infligées par des moyens français, s’ajoutant aux cartons antichars des Rafale de l’Armée de l’Air. Force donc  est de constater que l’ALAT affiche un excellent ratio rapport aux cibles pour simplement 5 % de surcoût de l’opération pour l’ensemble des armées. Certes cette réussite ne fut possible que grâce à une étroite coopération avec la Marine et une parfaite complémentarité avec l’Armée de l’Air. Cependant l’ALAT n’a ni les moyens ni la vocation pour mener une entrée en premier comportant une campagne de SEAD ( suppression des défenses anti- aériennes  et aériennes ennemies). Toutes opérations n’ayant nécessité aucune intervention directe de troupes au sol  (A suivre)

     

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